CRPMEM de La Réunion

Les segments de pêche

La pêche palangrière

Apparu à La Réunion au début des années 1990, le segment palangrier est celui qui a montré la plus forte progression jusque dans les années 2000. Il rassemble des navires de pêche côtière (marées de moins de 96 heures) et de pêche au large (plus gros navires effectuant des navires jusqu’à 20 jours de mer). Des armements ou groupements d’armements palangriers, exploitant plusieurs navires, côtoient des armements individuels plus modestes.

La flottille réunionnaise exploite les eaux du bassin sud-ouest de l’océan Indien, dans les eaux internationales, les ZEE françaises (Réunion, Mayotte et Iles Eparses) ou celles des pays voisins (Madagascar, Maurice…) dans le cadre d’accord de pêche avec l’Union Européenne (des marins malgaches sont ainsi embarqués à bord des navires réunionnais conformément à ces accords). Elle est constituée de navires de 13 à 24 mètres de long, pouvant effectuer des marées plus ou moins longues, à partir des principaux ports de la Pointe des Galets et de Saint-Pierre.

La technique de pêche utilisée est la « longline », ou palangre horizontale dérivante de surface, ciblant les grands pélagiques dans les eaux tropicales superficielles : espadon (espèce ciblée de nuit, avec des appâts constitués de calmars), thons albacore, obèse et germon, dorades coryphènes, marlins, etc… cette technique est sélective dans la mesure où elle permet de cibler de gros individus mâtures, mais provoque encore des captures accessoires d’espèces non ciblées (raies, escoliers, requins…), qui sont rejetées à la mer, le plus souvent vivantes. Les marins et armements palangriers sont particulièrement impliqués dans les programmes de recherche halieutique pour améliorer la sélectivité de leurs engins.

C’est grâce à la production palangrière (entre 2000 et 3000 tonnes annuelles selon les années) que les consommateurs réunionnais ont découvert l’espadon dans leurs assiettes et qu’ils peuvent désormais bénéficier d’apports de thon frais sur le marché local toute l’année. Une grosse moitié de la production réunionnaise est aussi exportée en frais par avion, via Rungis principalement.

Subissant de plein fouet la concurrence internationale à l’export et les importations de pays à bas coût de main d’œuvre, la situation économique de la flottille palangrière est fragile, marquée par la disparition de plusieurs acteurs ces dernières années. Mais la structuration de la filière en interprofession, les projets de recherche et développement pour améliorer la compétitivité des entreprises et la réflexion pour un nouveau modèle économique plus robuste, axé sur la production en congelé de haute qualité, permettent raisonnablement d’espérer un avenir meilleur pour cette flottille.